Mille et une vibrations,

par Pascal MARCHETTI-LECA

 

 

L'art a toujours été hors la loi, il n'y a que les hors-la-loi pour le faire respecter à sa juste place. Le penseur a souvent raison. Caroline Mattéoli, donc, est une artiste respectable
Enfant déjà, mi­-inventive, mi-secrète, elle zèbre les murs de l'appartement fami­lial d'arabesques mutines..
Après le lycée, Caroline Mattéoli intègre l'école Met de Penninghen ou École Supérieure d'Arts Graphiques (ESAG). Parallèlement à ses études, elle fréquente, tout naturellement, l'atelier du peintre Jean Podevin  ami de Jacques Prévert, d'Emmanuel Roblès et de Roger Ikor.
"Émerveillée, déconcertée et souvent en révolte, elle entre en peinture, prise à son propre jeu et acceptant le mien, mes exigences et mon incorruptibilité en matière de travail', se souvient-il, un soupçon paternel.
Depuis, l'élève a gagné en audace. Dans la tête, bien sûr, le nom de quelques grands: Cézanne, Braque, Modigliani, Nicolas de Staël ou Poliakoff. Mais, toujours, cette marche serei­ne vers elle-même.
Caroline Mattéoli a la création radieuse.
Elle n'a pas le tourment revendicateur de l'ar­tiste qui, complaisamment, se drape dans une solitude incomprise. Allègrement, elle fait chan­ter sa toile. Et, si le talent doit, parfois, sacrifier aux exigences de grandes entreprises (Sommer Allibert, Kodak, GMC Services), la palette, assu­rément, reste libre. Elle est fille du voyage litté­raire, de l'errance géographique et de l'émotion assagie. "Je n'objecte rien à ce qui tombe sous les yeux. Je ne peins pas avant de voir. Je ne cherche rien que la peinture visible par tout le monde", déclarait Nicolas de Staël. Sans y croi­re, "le prince foudroyé" énonçait-là les règles de l'universalité.
Les huiles de Caroline Mattéoli procèdent de cette modestie franche et déterminée ('J'aime travailler la matière"). Qu'importe, alors, si son œuvre semble éclater en représentations diver­gentes. Toutes se rejoignent dans le souci de l'épure, la justesse de la construction et le per­fection de l'équilibre ;la tendresse abandonnée d'une femme au repos, l'opulence mesurée d'une nature morte ou l'exubérance tranquille d'une scène d'ambiance. "Les rivages de l'océan m'avaient inspiré beaucoup de taches de couleurs. J'ai eu envie de décliner ce style dans une palette de rouges et de jaunes. J'ai repris des croquis ébauchés lors d'un voya­ge aux Antilles", commente-t-elle à propos de L'Africaine.
Héritière spirituelle de Nicolas de Staël, de fait, Caroline Mattéoli cousine aussi avec Mühl et Doutreleau. "II est souvent possible que, partant d'un sujet figuratif, on en arrive à une réalisation pratiquement abstraite car, à mesure que l'on peint, on ne s'amuse plus qu'avec les formes, les rapports de couleurs et la matière, ce que cela représente importe moins", précise-t-elle.

Loin d'être souffrance, avec Caroline Mattéoli, la peinture n'est rien qui ne joue pas. Dans une abstraction enjouée, elle "peint à mille et une vibrations" le dépouille­ment résolu.

 


BFM Télé, Novembre 2013



Pratique des Arts, Mai 2004

 


 



Magazine France (US), Automne 2002


Stratégies, 07/01/2000

 


Détail Stratégies, 07/01/2000

 


Figaro Madame,

 


Figaroscope, Mars 1989


Point de vue, Mars 1989

 

 

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